Mathias Lanuit

La lune, ronde dans le ciel nocturne constellé d’étoiles, éclairait un lac qui se trouvait en dessous, aux abords d’une dense forêt de sapins. Hormis le chant incessant des grillons, aucun son ne troublait le silence qui régnait dans la forêt. De temps en temps, une brise légère faisait clapoter des vaguelettes d’eau douce sur les bords du lac, dont les berges se perdaient dans les profondeurs de la forêt.

Le silence fut soudain troublé par un son lointain, pareil à celui d’un cheval au galop se dirigeant vers le lac. Le son du galop s’arrêta pour laisser place à celui d’un cheval au pas. Puis, émergeant d’entre les arbres, une petite licorne blanche apparut, son unique corne se dressant fièrement sur son front, étincelante sous la lune.

L’animal huma l’air un moment tandis que ses yeux noirs et brillants fouillaient l’obscurité de la forêt. Ne voyant rien, la licorne jugea qu’elle était en sécurité et entra dans l’eau peu profonde du lac jusqu’à ce que ses pattes arrière se trouvent, elles aussi, dans l’eau. Puis la licorne baissa la tête pour s’abreuver.

Un léger bruissement lui fit relever la tête et la licorne vit, à ce moment, au bord du lac, une jeune fille se tenir devant elle. Elle devait avoir une douzaine d’années, était vêtue d’une longue robe blanche, avait de grands yeux d’un vert clair et de longs cheveux blonds. La licorne s’immobilisa.

Quand la jeune fille tendit la main en direction de la tête de l’animal, celui-ci hésita un peu, ignorant toujours quelles étaient les intentions de la fillette. Puis, comme elle ne semblait présenter aucun danger, elle se risqua à humer sa paume comme le font généralement les chevaux. La fille resta un peu dans cette position avant de tenter d’approcher un peu plus la licorne qui ne faisait aucun geste.

Et lorsque la fille commença alors à caresser la licorne, celle-ci ne fit rien pour se dérober, montrant qu’elle appréciait les caresses. La jeune fille commença alors à lui parler et lui flatter l’encolure. Puis, contre toute attente, la licorne se laissa monter et disparut dans les profondeurs de la forêt, avec la petite fille sur son dos.

Quelques années après ces évènements, cette terre qui s’appelait désormais royaume d’Enthor, était gouvernée par un roi du nom de Denterur et un long réseau de routes assurait la communication entre les différentes villes et villages qui avaient depuis, été édifiés en grand nombre dans le royaume

Chaque ville ou village, hormis Armédia la capitale, était gouverné par un chef choisi par le monarque. Les hommes de ce royaume étaient connus pour leur loyauté et leur organisation politique parfaite ainsi que pour leurs arts et connaissances dans des domaines variés. Seul le monde de la mer et des îles qui pouvaient se trouver au-delà de leur terre leur était inconnu.

Le royaume d’Enthor était délimité par une mer qui s’étendait du nord-est au sud-est. A l’intérieur des terres, à l’ouest, un fleuve, nommé le Fleuve du Mage, traçait une frontière entre le royaume d’Enthor et l’empire de Todgold, gouverné par un empereur nommé Xian. Au sud, un désert traçait une autre frontière entre le royaume d’Enthor et celui de Decan. Ces trois pays vivaient en paix depuis plusieurs siècles.

Alors que l’empire de Todgold était un terrain plutôt montagneux, Enthor était plutôt plat, fait de forêts, fleuves et de quelques montagnes situées à l’ouest mais inhabitées, les hommes se regroupant plutôt près des fleuves ou des nombreux lacs du royaume. Quant à Decan, ce pays était très mal connu. Seul son désert était célèbre par des légendes plus ou moins vraies.

Les guerres furent nombreuses lorsque les frontières des trois pays n’avaient pas encore été fixées. Alors que l’empire de Xian et celui de Decan gardaient une armée offensive, seule Armédia, la capitale du royaume d’Enthor, possédait une grande milice défensive. Les villes et villages alentours en étaient dépourvus, à moins qu’il n’y ait un château à proximité, comme c’était le cas près du village de Castel. Malgré tout, les hommes savaient manier les armes et, si leur courage ne faisait pas le prestige de leur royaume, ils avaient une détermination farouche pour combattre afin de maintenir la paix et la justice dans leur pays…

Me suivre

Contact | Mentions légales | Administration

(R) 2015 par Mathias Lanuit.